De l'art d'être bien entourée

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De l'art d'être bien entourée

Message  Duché d'Aumont le Mer 8 Fév - 22:36

De l'art d'être bien entourée


Liana fut réveillée par le capharnaüm monumental causé par les pieds de ses deux petits frères qui tambourinaient frénétiquement contre les rondins bien ajustés de la mezzanine. Leurs piaillements ininterrompus et les messes basses qu'ils s'échangeaient avec l'air de conspirateur perçaient la nuit aussi nettement que s'ils parlaient à voix haute et intelligible. On n'était encore bien avant l'aube, et pourtant, les deux garnements s'apprêtaient déjà à réveillé toute la maisonnée. Réprimant un bâillement de lassitude, Liana rejeta l'épaisse couverture en laine finement tissée qui recouvrait ses épaules, et s'assit en tailleur au bord de sa paillasse. Elle se frotta paresseusement les yeux. Mais alors que Cnaeus passait au petit trop devant elle en poussant des piaillements surexcités, elle leva le bras, et avec une vitalité surprenante, lui saisit la main.

[Liana] Ca suffit maintenant ! Le jour n'est pas encore levé ! Tu vas réveillé toute la maison. Tu tiens donc tant que ça à nourrir les chèvres d'aussi bonne heure ? Dit-elle durement au garnement.
[Cnaeus] Mais c'est Clovis ! Il dit qu'il a vu de la poussière sur le chemin à l'Est !

Liana chassa les dernières tâches noires qui dansaient devant ses yeux et leva vers Cnaeus un regard désolé. Le gamin avait huit ans, l'âge de raison, et chaque jours qui les rapprochaient de la date ou Ser Ellos de Touare le rendait plus nerveux et insupportable. Le Baron du village de Touare devait rendre visite à la nouvelle Duchesse d'ici deux ou trois jours au grand maximum, afin de lui renouveler ses serments d'allégeance. C'était un homme puissant. Probablement l'un des plus puissant d'Ouestreness Orientale, et cette entrevue revêtait donc pour Liana une importance capitale. Si elle s'assurait la loyauté du Baron de Touare, elle devrait obtenir, de facto, celle de tout les anciens bannerets de son père, et s'assurerait ainsi que la transition du pouvoir depuis les mains de feu son père vers les siennes se serait déroulée sans anicroche. Et cela était un point d'importance. Les nombreuses maisons nobles de la province qui ne répondaient toujours pas à l'autorité du Duché d'Aumont ne manqueraient pas, en effet, de profiter d'une guerre de succession sanglante sur les terres ducales.

Quel rapport avec l'excitation du petit Cnaeus me direz-vous ? Et bien il se trouve que parmi les nombreux bâtards du Sire de Touare, il y avait une jeune fille, Griselda Hills, qui se trouvait être l'une des enfants préférée du Baron de Touare. Et bien qu'elle soit plus proche de l'âge de Clovis que de celui de Cnaeus, le gamin s'était entiché de la fillette. Et son excitation n'avait fait que croître lorsque, à l'occasion d'un repas, alors que Liana consultait ses conseillés afin de décider de la marche à suivre avec le baron de Touare, l'un d'eux suggéra l'idée d'un mariage. Et depuis lors, Cnaeus n'avait eut de cesse de s'entraîner au tir à l'arc pour être en mesure d'impressionner la jeune fille lorsqu'elle se présenterait.

Liana soupira lorsque Cnaeus la tira par la main pour la conduire vers l'échelle qui montait au mirador surplombant la demeure. Elle attrapa sa broigne au passage et la sangla hâtivement au passage. Elle n'avait pas l'intention d'être vue en chemise de nuit par ses gens. Même à cette heure matinale.

Lorsqu'ils atteignirent le sommet de l'échelle, un vent glacé leur fouetta le visage. C'était le début de l'été. Mais Aumont se trouvait juché au sommet d'un promontoire montagneux, à plus de mille mètres d'altitude. Et la température, même en plein été restait toujours fraîche, surtout de nuit. Un vent de mer soufflait depuis l'entrée du val, au sud, ou l'on distinguait les étendues bleutées. Au loin, sur l'océan, une lueur rougeoyante irradiait l'horizon, faisant danser des ombres fantomatiques sur la vallée et transformant les forêts et les collines en masses noires et menaçantes.

[Cnaeus] Tu vois quelque chose ? Reprit Cnaeus en pointant le nord, les terres du Baron de Touare.
[Liana] Il fait nuit Cnaeus. Il n'y a rien à voir.
[Cnaeus] Mais si ! Clovis a même dit qu'il y avait des bannières !
[Liana] Des bannières ... Ben voyons ... Et ou est-il d'ailleurs Clovis ?
[Cnaeus] Chez sire Caeleurth. Il a dit que tu voudrais que tout le monde soit réveillé pour accueillir le Baron.
[Liana] Le Baron n'arrivera qu'après demain Cnaeus. Va-tu bien vouloir te coucher maintenant ?

Mais le gamin n'avait que faire des protestations de sa grande sœur. Il fouillait déjà l'horizon, en posant à répétition les mêmes questions : "Est-ce qu'ils auront leurs armures ? Ils seront combien ? Tu crois qu'ils seront tous à cheval ? J'espère que Dame Griselda sera là ! Tu trouves que je tire mieux qu'hier ?". Assommée par la bonne humeur du garçon, Liana se résolut à attendre que Cnaeus ai épuisé son énergie matinale pour aller se recoucher. Après tout, elle ne pouvait cacher que cela lui faisait plaisir de voir son frère heureux. Il n'avait pas beaucoup rit depuis la disparition de leurs parents. Alors elle laissa son regard vagabondé sur les prairies sauvages de la vallée.

Et c'est là qu'elle les vit. L'un des premiers rayons du soleil dardait d'une lumière orangée une clairière, six cent mètres plus bas, et un nuage de poussière blanche s'élevait dans les airs. Elle compta un, deux, trois, quatre, cinq étendards ... La Maison de Touare figurait en tête de cortège, suivit par quatre de ses plus puissants châtelains : Valvert, Guéblanc, Prédelys et Blanchécume. Elle retînt un hoquet de surprise. Les gosses avait raison.

[Cnaeus] Là ! Hurla Cnaeus qui les avait vu également.
[Liana] Files t'habiller. Et réveilles Noémie. Dis lui que nous avons de la visite, et qu'elle s'arme de pied en cap.
[Cnaeus] Mais, je veux les voir arriver moi !

Liana lui saisit alors sèchement le bras et lui montra sa chemise de nuit toute crottée.

[Liana] Et tu te figures que c'est une manière d'accueillir une dame ? Que va penser Dame Griselda d'un sauvageon sale et tout crotté ? Files enfiler une tunique et retrouves moi dans la cour dans dix minutes.

Moins de dix minutes plus tard, Liana achevait de sangler son épée à sa ceinture en sortant dans la cour de la ferme. Elle portait une tunique simple de lin rouge, et des chausses brunes sous les écailles de sa broigne, elle tenait également son casque sous son bras, et son arc dans son dos. Comme le voulait la coutume, elle portait ses cheveux dénoués, tombant sur ses épaules. Les femmes non mariées et non promises à qui que ce soit en Aumont ne les attachaient jamais. Ce n'est qu'une fois les engagements sacrés passés qu'elle commençait à porter des coiffures complexes et riches. Liana ne dérogeait à la règle que lorsqu'elle devait combattre. Mais dans le cas présent, elle ne s'attendait guère à devoir tirer l'épée en ses propres murs.

Elle promena son regard sur la cour pour juger de son équipage. Sa suite de guerriers, composée pour la plupart, des jeunes hommes et des jeunes femmes les plus valeureux du village, arrivaient progressivement pour former une haie d'honneur de part et d'autre de la porte d'entrée de la ferme. Ils étaient tous armés de pied en cap. Quand à ses deux frères et à sa sœurs, ils l'attendaient, eux aussi en armes. Cnaeus sautillait littéralement sur place. Noémie, le regard digne, mais anxieux, jeta à sa grande sœur un regard inquisiteur lorsqu'elle franchit le porche. Enfin, Clovis, tout couvert de son armure et le casque déjà vissé sur sa tête se tenait droit à côté de la porte, les jambes légèrement écartée, la main posée sur la poignée de son épée. Il bomba fièrement le torse et scanda, à la cantonade quand Liana franchit la porte :

[Clovis] La Duchesse Liana Isabelle Sarah, Brisbach Hersbourg de la Maison d'Aumont, Baronne d'Aumont de Brisbach t d'Hersboug, Comtesse d'Aumont et du Vale, Duchesse d'Aumont.

Et il termina sa tirade en frappant son torse de son poing droit ganté. Aussitôt, les compagnons de joute de Liana l'imitèrent et se tinrent au garde à vous. Appréciant la discipline à sa juste valeur, Liana ne put toutefois s’empêcher de pouffer.

[Liana] Ils ne sont pas encore là Clovis.
[Clovis] C'était pour m'exercer, répondit le jeune homme sur un ton d'excuse.

Mais ils ne se perdirent toutefois pas en palabres car au bout de la rue principale du village, les bannières du Baron de Touare ne tardèrent guère à flotter au vent, et d'un pas rapide, les chevaux traversèrent le village pour pénétrer dans l'enceinte du logis seigneurial. A leur tête, un chevalier portant le surcot d'Azur à la tour d'argent de la maison de Touare promena un regard hautain sur l'assistance. Le Baron Ellos de Touare était déjà un vieillard, pourtant une étonnante vivacité émanait de sa personne.

[Ellos] Déjà debout Dame ?

Liana garda le silence et fit mine de ne pas avoir entendu. L'impolitesse du baron témoignait de son assurance. Il ne mit pas pied à terre pour s'incliner.

[Ellos]Vous êtes matinal par ici. C'est bien. Tant mieux pour vous. Pour ma part je craint de ne pouvoir vous tenir compagnie bien longtemps. Nous avons chevauché toute la nuit pour avoir l'occasion de vous présenter nos hommages au plus tôt.

Liana garda encore le silence. Il était hors de question qu'elle lui adresse la parole tant qu'il emploierai ce ton. Elle fit un imperceptible mouvement de la tête en direction de Clovis. C'est lui, le troisième de la lignée, qui lui parlerait. Pas Liana. Pas même Noémie. Il n'était pas question de faire montre de faiblesse devant un vassal.

[Clovis] La Duchesse d'Aumont vous souhaite la bienvenue en sa demeure. Elle vous offre un endroit ou poser votre paillasse prêt de son feu, ainsi que le couvert pour vous et vos hommes, récita-t-il d'un ton monocorde.
[Ellos] Et la Duchesse ne parle pas ?
[Clovis] L'étiquette exige que vous posiez genoux à terre avant de lui adresser la parole sire, répondit le garçon, mal à l'aise.
[Ellos] Je vois. Du coup les petits pages font le sale boulot hein. Bien alors, dis à ta duchesse que ce n'est pas le genre d'hommage que nous sommes venu lui présenter. A Touare, nous ne plions pas devant les enfants. Nous reconnaissons les hommes pour leur valeur au combat ...

Clovis se tourna vers sa sœur. L'air complètement perdu. Il cherchait ses mots, bredouilla un "mais", un "non" et un "oui" ... Quand à Liana, elle était verte de rage. Ce malotru se pointait chez elle à des heures indues, avec une escorte qui excédait sa gade personnelle, armé de pied en cap ... Il lui adressait la parole sans descendre de cheval et se permettait des familiarités ... Pour un peu, et il déclarait la guerre ! Le Baron s'apprêtait à poursuivre sa tirade. Mais Liana se contenta de retirer son gant gauche. D'un geste sec et adroit, elle le lança au visage du baron.

[Liana] Vous dîtes que vous ne respectez que ceux qui ont prouvé leur valeur au combat. Très bien. Laissez-moi vous prouver la mienne. J'affronterai votre champion sur la place du village au crépuscule, ce soir.

A ces mots, le Baron éclata de rire et se retourna vers un chevalier en surcot jaune derrière lui. Grand et bien bâti, il portait un heaume intégral et un épais haubert de maille, ainsi qu'un bouclier figurant un trois lions de sable sur un champ d'or dans son dos. Une masse d'arme et une épée longue étaient fixées à sa ceinture. Liana le jaugea de la tête au pied, et estima qu'il ferait un adversaire acceptable.

[Ellos] Tu entends ça fils ? La fillette pense pouvoir te battre ...

Le chevalier haussa les épaules pour toute réponse.

[Liana] Ce soir. Sur la place du village, répéta Liana d'une voix sévère.
[Ellos] Pourquoi faire ? Mon Thomas peut vous écraser ici et maintenant.
[Liana] Ne m'insultez pas plus que vous ne l'avez déjà fait Ellos de Touare. Ou vous dormirez avec les cochons aujourd'hui. J'affronterai votre fils lorsqu'il se sera reposé, ce soir au crépuscule.
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Message  Héphaistos le Mer 8 Fév - 22:38

Lancer de dé

Pour déterminer la victoire ou la défaite de Liana au combat de ce soir, effectue un test de Martial s'il te plait.


#Schizo
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Message  Duché d'Aumont le Mer 8 Fév - 22:44

Lancer de dés

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Message  Héphaistos le Mer 8 Fév - 22:44

Le membre 'Duché d'Aumont' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Message  Duché d'Aumont le Mer 8 Fév - 23:37

Duel au sommet


Liana se tenait droite sur la place. Le soleil descendait lentement sur le fait des armes à sa droite. Elle portait un justaucorps de cuir sous sa cuirasse de fer qui lui collait à la peau. La sueur de l'échauffement perlait sur son visage. Mais elle affichait un air serein et concentré. Dans sa main, le poids familier de sa lame paraissait rassurant. Les cordages fermes de lin enroulés autour de la garde pour faciliter sa prise donnaient un contact doux et agréable contre se mitaines de cuir. Elle saisit la lame à deux mains, et se mit en garde, l'épée au-dessus de la tête, les deux jambes écartées. Elle plongea ses prunelles vertes dans le regard du chevalier en armure face à elle. Lui-même tenait son bouclier droit devant lui, sa lame légèrement incliné, presque parallèle au sol, en une posture intense, tout le poids de son corps porté sur sa jambe avant.

Le Cor sonna trois fois. Et il chargea. Liana esquiva sa première attaque d'un pas leste et agile, le laissant passer à côté d'elle. Mais le chevalier fit instantanément volte-face et attaqua une nouvelle fois. D'un bon en arrière, Liana mit un mètre de distance de sécurité entre lui et elle, et elle abaissa sa garde en une posture légèrement plus défensive, devant son visage. Il frappa, elle para. Gauche, Droite, Droite, Gauche, Haut ! Une faille, Liana frappa d'estoc mais sa lame rencontra le bouclier de son adversaire avec un bruit sourd. Il contre-attaqua, par trois coups verticaux assénés sur son torse. Liana para les deux premiers, mais dût esquiver dangereusement le troisième en roulant en avant, pour se redresser lestement derrière lui. La lame s'affaissa dans le sol sec et poussiéreux. Pour le provoquer, Liana lui flanqua un coup de pied au derrière, qui déclencha l'hilarité parmi les paysans qui regardait la scène. Le chevalier se redressa pour lui lancer un regard glacial.

Mais son adversaire ne perdit pas son calme. Il enchaîna immédiatement avec de nouvelles attaques, aux coups puissants et précis. Liana parait, esquivait, contre-attaquait de temps en temps, mais dans l'ensemble, elle le laissait s'échiner. Elle lui tournait autour, dansait d'un pied sur l'autre, en une chorégraphie savamment soignée et orchestrée. Puis, quand elle sentit enfin que les coups de son adversaire perdaient en puissance et en précision, vingt bonnes minutes plus tard, elle passa alors à son tour à l'attaque. Ses esquives et ses mouvements légers et agiles se transformèrent en une danse virevoltante, précise et endiablée. Son épée tombait toujours juste, visait les points faibles de son adversaire, cherchait la faille de sa défense. Mais pourtant, le chevalier ne fléchissait pas. Son bouclier son épée opposait toujours la même résistance aux coups de la duchesse.

Au bout d'une demi-heure d'un affrontement qui ne voyait se dessiner aucun vainqueur, Liana était en nage. Il faisait nuit à présent, et elle respirait bruyamment sous son armure. Elle et son adversaire s'étaient éloignés de cinq bons mètres, histoire de reprendre leur souffle. Courbé sur son épée, il respirait bruyamment et commençait à retirer certaines parties de son armure pour se rafraîchir et trouver de l'air. Il suait à grosse goutte. Et lorsqu'il enleva son casque, Liana vit qu'il souriait. Il ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle. Quinze ans ? Peut-être seize ? Liana lui rendit son sourire et jeta sa lame au loin. Quand il se remit sur ses deux jambes, il laissa la sienne tomber. Et tout deux se rapprochèrent et se saluèrent à la façon des guerriers, saisissant chacun le poignet de l'autre. Leurs yeux se croisèrent et ils échangèrent un regard long et intense. Ils avaient communiqué comme seuls deux guerriers Aumontois peuvent le faire. Par la fer, la sueur et le sang. Par ce combat, un profond respect, et une franche amitié était née entre Thomas de Touare et Liana d'Aumont.
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Re: De l'art d'être bien entourée

Message  Duché d'Aumont le Jeu 9 Fév - 12:32

Vive les compagnons


Liana se tenait debout devant son "trône", un imposant siège de bois recouvert de peaux de chèvre et de cerfs, reposant sur une estrade qui surplombait légèrement la grande salle du fond de la pièce principale de la maison seigneuriale. Assis sur des tabourets de cuir, à sa droite et à sa gauche se trouvaient sa sœur et son frère, qui observaient l'assistance d'un œil sévère. Cnaeus s'était pelotonné dans les jupes de sa nourrice, derrière le trône et sous la mezzanine. Devant eux se trouvait le Baron de Touare, agenouillé, la tête inclinée, et les deux mains posées sur la garde de son épée, plantée dans le sol en guise de soumission. A sa gauche, son fils, encore couvert de la poussière du combat, le visage humide de sueur, se tenait dans la même position.

Liana les surplombait de toute sa hauteur, c'est à dire pas grand chose, mais la cape bordée de fourrure qu'elle avait revêtu, et le diadème ducal des Aumonts, l'auréolaient d'une certaine majesté qui compensait sa petite taille. Et puis, elle était debout, sur une estrade ... En revanche, elle portait également toujours les stigmates du combat. Son visage était luisant et bruni parla poussière soulevée par l'affrontement, ses cheveux lui collaient au front et son armure auparavant rutilante, portait les marques du combat. Quand à sa tunique de cuir, inutile d'en parler. Elle était poisseuse et couverte de terre et de boue ... Mais Liana ne perdait rien de sa dignité, même en pareil équipage. Elle s'avança en direction du Baron de Touare et lui lança un regard assassin. Le Baron garda la tête baissée.

[Ellos] Par la présente, moi, Ellos Alaric Druzat de Touare, Baron de Touare, je te reconnais Liana Sarah Isabelle Brisbach Hersbourg d'Aumont, Baronne d'Aumont, de Brisbach et d'Hersbourg, Comtesse et Duchesse d'Aumont, comme ma suzeraine. Mon épée et mes gens sont tiens. Je te jure loyauté et fidélité, j'aimerai ce que tu aimes, et me détournerai de ce dont tu te détournes.

Liana aurait dût répondre à cet instant. Mais elle resta aussi bavarde qu'une tombe. Elle n'avait pas bouger d'un poil, et continuait à darder sur le Baron de Touare le même regard assassin. Le baron, inquiet de l'absence de réponse de la Dame, leva donc les yeux pour s'enquérir de la situation, et lorsqu'il croisa le regard de la jeune fille, une étincelle de peur passa dans ses yeux. Il était certes puissant. Mais Liana lui avait montré qu'elle l'était plus encore. L'assistance retenait son souffle. Les paroles du matin flottaient encore dans l'air, laissant derrière elles une atmosphère délétère. La menace de la guerre restait palpable et tous savait que Liana prendrait sa décision en fonction de la réaction du Baron. Celui-ci baissa les yeux, et, posant son front contre la garde de sa lame, enchaîna d'un ton rapide :

[Ellos] Je vous demande également pardon pour ma conduite inqualifiable de ce matin. Ma langue a fourché d'une manière qui n'est pas tolérable pour un homme de ma condition. La fatigue du voyage et de notre chevauchée m'aura sans doute fait délirer, et ignorer votre réputation. A moins que ce ne soit la curiosité et la volonté de savoir si ce que l'on dit sur vous est vrai ...
[Liana] Et que dis-t-on sur moi ? Répondit Liana d'une voix à glacer le sang.
[Ellos] Que vous êtes la plus fine lame d'Ouestreness, et que l'on vous dit touchée par la grâce de l'Unique ...
[Liana] Et vous avez donc décidé de défier une femme dieutouchée ? Votre supérieure de surcroît ?
[Ellos] Comme je le disais, ma conduite est inqualifiable. Exigez et j'obéirai ma Dame.
[Liana] Vous êtes pardonné, Ellos de Touare. Et je vous accepte comme mon vassal, répondit Liana après un silence. Toutefois, je vous demanderai de mettre votre fils Thomas, directement à mon service. Il servira comme le premier de mes gardes personnels, les compagnons ducaux.

Le Baron tressaillit imperceptiblement. A l'évidence, la requête lui en coûtait, et Liana en fut fort aise. Toutefois, il hocha la tête, les yeux légèrement embués de larme et s'inclina de nouveau. Liana se détourna donc de lui, et se tourna vers son fils, Thomas de Touare, qui se tenait toujours courbé, mais semblait trépigner d'impatience.

[Thomas] Ma dame, lança-t-il à son approche. Par la présente, moi, Thomas Goderic Druzat de Touare, Chevalier de Giraucé, Douergue et Combelune, je te reconnais Liana Sarah Isabelle Brisbach Hersbourg d'Aumont, Baronne d'Aumont, de Brisbach et d'Hersbourg, Comtesse et Duchesse d'Aumont, comme ma suzeraine. Mon épée et mes gens sont tiens. Je te jure loyauté et fidélité, j'aimerai ce que tu aimes, et me détournerai de ce dont tu te détournes.
[Liana] Et je t'accepte comme mon compagnon, mon frère d'arme, et mon épée lige, Thomas de Touare. Elle lui prit la main et le mit sur pied. Lèves-toi. Les compagnons sont mes égaux, et tout en lui posant la main sur l'épaule elle ajouta, Par la présente, je te fais capitaine de la Compagnie Ducale, et te charges d'une première mission : celle, à mes côtés, de recruter sur les Terres des baronnies d'Aumont, de Brisbach et d'Hersbourg, de Saintois et de Touare, sur les marches de Lachlay, Vauxclins et Davin, et dans les Châtellenies de Saint-Arnould, Colène, Verval et Flüsstall, les plus fines lames que tu rencontreras pour intégrer les rangs des compagnons.

Et à compter de ce jour, la Compagnie Ducale d'Aumont fut constituée, et attira des nobles venus de tout les horizons pour espérer recevoir l'insigne honneur de devenir garde personnelle de la duchesse dAumont.

Création d'une unité de Compagnie Ducales : 20 O, 1 B, 20 M.
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Message  Héphaistos le Jeu 9 Fév - 17:40

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